Sécurité routière – LA DÉPÊCHE

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Emmanuel Barré : «La route est le réseau social le plus dangereux…»

Le délégué interministériel à la Sécurité routière, Emmanuel Barré, était en visite à Rodez, hier. Pour faire de la prévention et vanter les vertus du passage de 90 à 80 km/h

Les Aveyronnais y ont difficilement échappé. Le changement de vitesse sur le réseau routier secondaire, passé de 90 à 80 km/h le 1er juillet dernier, a marqué nombre d’automobilistes locaux. Et non des moindres. À l’occasion de la venue du fameux «Monsieur 80 km/h», Emmanuel Barbe, délégué interministériel en charge de la Sécurité routière, plusieurs voix ont exprimé leur désaveu face à cette mesure. Les associations, à l’image de la Fédération française des motards en colère (FFMC) 12, ou plus symboliquement des élus politiques, absents lors des opérations organisées pour la circonstance. Rien qui ne puisse toutefois froisser l’intéressé, attendu dans un premier temps dans le département fin juin.

Invité à participer à un contrôle routier informel en matinée, le représentant de l’Etat a passé son début d’après-midi au dépôt de Ruban bleu, avenue de Toulouse. De la sensibilisation auprès d’une dizaine d’élèves de CM2 de Saint-Bernadette de Rodez à la sécurité des bus. Accompagnée de la préfète de l’Aveyron, Catherine de la Robertie, il a pris le temps d’écouter les enfants et de leur montrer les gestes indispensables face à pareille situation. Lui qui se dit à l’écoute de «tous les arguments solides» ne veut pas se définir uniquement à travers la mesure du 80 km/h. «C’est une mesure de lutte contre les accidents que nous avons pris. Je ne prends pas le temps de m’attarder sur les arguments des uns et de autres.»

S’il est conscient du tapage médiatique qu’a pris cette mesure (au point de ne voir aucun élu présent aux côtés du délégué interministériel : lire l’encadré), il se félicite des premiers retours, même s’il minimise la portée des bons chiffres obtenus durant le mois d’août. Son objectif n’est pas de viser le chiffre 0 mais de descendre au plus bas la mortalité sur les routes qu’il juge comme «la circonstance de mort la plus violente dans le pays». «Beaucoup de gens parlent de leur propre perception de la route. La dangerosité n’a rien d’intuitif», ajoute celui qui devait rencontrer et signer une charte avec l’assemblée départementale des maires dans la foulée. «Un automobiliste a même reconnu lors du contrôle routier auquel j’ai participé qu’il conduisait vite, juste pour le plaisir. Beaucoup d’usagers de la route voient dans cette mesure le prisme d’une perte de temps. Il ne faut pas oublier que la route est un, voire même, le premier réseau social le plus dangereux. Et ce n’est pas une plaisanterie.»


Boycott des élus

Ni Jean-François Galliard, président du département, pas plus que les parlementaire Alain Marc, Jean-Claude Luche ou Arnaud Viala n’étaient présents lors de la rencontre avec Emmanuel Barré.

Refusant la méthode employée par l’État pour décider de la limitation de vitesse à 80 km/h, ils le disent et le font savoir.

«Elle a été prise unilatéralement et est appliquée de manière abrupte, sans tenir compte des spécificités des routes. Les territoires ruraux, pour lesquels les déplacements en voiture sont souvent les seuls possibles, sont pénalisés. Certains d’entre nous ont déjà rencontré le délégué interministériel à la sécurité routière, Emmanuel Barbe, pour lui expliquer le contexte aveyronnais, qui est celui de beaucoup de départements français. Il n’a pas su nous écouter.» Pour ces raisons évoquées, ils n’ont pas été à la rencontre du délégué interministériel à la sécurité routière.

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