Les syndicats mixtes privés de moyens financiers – LA DÉPÊCHE

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Les Agences de l’eau ont revu à la baisse leurs subventions. Ce qui n’est pas sans poser quelques soucis de fonctionnement pour les structures de l’eau.

C’est un effet boule de neige dont se seraient bien passés les syndicats mixtes du Bassin versant Tarn-Aveyron. Les six Agences de l’eau réparties sur le plan national, et donc celle de l’Adour-Garonne, ont des moyens financiers qui se réduisent comme peau de chagrin. Comme le rappelait récemment Olivier Guiard, adjoint au directeur de l’antenne ruthénoise, «l’État a demandé aux Agences de l’eau un effort en passant de 15 à 30 M€ notre collaboration, par an, afin d’alléger la pression fiscale et de financer d’autres établissements», à partir de 2019. Pour Karine Lacam, directrice du syndicat mixte du Bassin versant du Viaur, «cette somme pourrait même être plus importante, ce qui va fortement impacter notre fonctionnement, voire également notre avenir».

Les syndicats mixtes – les trois qui font partie du Bassin versant Tarn-Aveyron (Agout dont le siège à Labruguière, rivière Tarn à Gaillac et donc Viaur à Naucelle) – sont en effet tributaires financièrement de l’Agence de l’eau Adour-Garonne.

Rencontre avec les parlementaires

«Par exemple, nous réalisons environ 350 000 € de travaux par an, explique Karine Lacam. Jusqu’ici, l’Agence de l’eau abondait à hauteur de 60 % du coût total TTC. À partir de l’année prochaine, cela ne sera que de 50 % et hors taxes ! L’Agence subit et cela se répercute sur nous. D’autant qu’il existe également des décisions différentes en fonction des Agences. Il n’y a pas de cohésion.» Du coup, les trois présidents des syndicats mixtes (Yves Regourd pour le Viaur) ont souhaité rencontrer les parlementaires des secteurs concernés (les sénateurs Alain Marc et Jean-Claude Luche, les députés Anne Blanc, Stéphane Mazars et Arnaud Viala côté Aveyron ; les sénateurs François Bonhomme et Philippe Bonnecarrère ainsi que les députés Christine Verdier-Jougla et Jean Terlier pour le Tarn) afin de tirer la sonnette d’alarme. C’est donc à Paris qu’ils ont exposé, dernièrement, ce sujet d’actualité. Il a été question de «l’avenir à court terme des structures face aux réductions de moyens financiers, notamment ceux de l’Agence de l’eau Adour-Garonne».

Et Karine Lacam de poursuivre : «La position de nos parlementaires dans le cadre des projets de lois de finances est déterminante pour les budgets des Agences ; ce sont eux qui vont décider des montants des “ponctions” ! Enfin, quel est l’avenir pour nos structures gestionnaires locales du grand cycle de l’eau dans le contexte institutionnel et financier, présent et futur.» Quelle en est d’ailleurs la conclusion ? «Les échanges et les débats ont été riches et animés. Certains parlementaires sont d’ailleurs revenus vers nous pour avoir plus de précisions car force est de reconnaître que le sujet est un peu compliqué. Localement, dans les prochaines semaines, nous devrions poursuivre ces discussions.»

«Une dotation de l’État ?»

Si Karine Lacam montre du doigt ce qui pourrait ressembler à une épée de Damoclès au-dessus des syndicats, elle avance en contrepartie des idées susceptibles de pérenniser l’avenir des syndicats. «Avant d’aller au fond des choses, il faudrait quand même une vraie compétence de l’eau. Et l’attribuer à une entité qui en aurait la responsabilité et surtout l’autonomie financière. Pourquoi il n’existerait pas une dotation de l’État, comme pour les Parcs naturels régionaux ?»

Lors des Assises de l’eau, le président Yves Regourd a même été plus loin : «L’eau n’est pas un sujet politique mais de santé et d’utilité publique. Il faut trouver des solutions cohérentes au sein des territoires.»

Justement, ces territoires «payent» également cette directive gouvernementale. Karine Lacam : «L’activité économique est mise à mal car nous faisons appel à des entreprises locales pour réaliser les travaux. Et, forcément, moins d’argent, moins de travaux. Enfin, si nous ne pouvons pas faire autant de missions qu’hier, comme la sensibilisation scolaire puisque cela n’entre plus dans les priorités de l’Agence de l’eau Adour-Garonne, nous sommes en droit de nous poser des questions sur l’avenir du personnel du syndicat. À l’heure actuelle, nous n’avons aucune certitude, si ce n’est celle de la baisse des subventions de l’Agence de l’eau.»

LA DÉPÊCHE

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