Filière hydroélectrique – Caisse des dépôts des territoires

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Comment valoriser l’ancrage territorial de la filière hydroélectrique ? Et a-t-elle encore de l’avenir ? Pour tenter d’y répondre, un colloque organisé par le Syndicat des énergies renouvelables (SER) avec l’appui de l’Ademe vient de réunir 200 participants le 11 octobre, à Paris.

La perspective d’une mise en concurrence des concessions hydroélectriques, qui pourrait vite concerner une centaine d’aménagements, et la demande de prolongation en cours d’instruction au niveau européen pour certains ouvrages comme ceux du fleuve Rhône ne sont pas les seuls enjeux qui agitent le landerneau de l’hydroélectricité. Un petit monde en quête d’une visibilité qui s’est ternie au fil des décennies, à force de statu quo pénalisant son développement et d’un cadre réglementaire jugé trop strict.
Bonne nouvelle cependant, il cherche à s’ouvrir et à se renouveler avec l’appui d’élus locaux qui, comme Marie-Noëlle Battistel, députée socialiste de l’Isère et présidente de l’Association des élus de montagne (Anem), croient dans son potentiel : « Elle est la première énergie renouvelable et une chance pour la France, pourvoyeuse de milliers d’emplois directs et d’autres induits dans la maintenance, l’agriculture, les sports d’eau vive ou l’irrigation, avec un rôle socle dans la conciliation des usages de l’eau et notamment la gestion des crues », a-t-elle défendu lors de ce colloque organisé le 11 octobre par le Syndicat des énergies renouvelables (SER).

Multi-usages et multiples enjeux

Moins connu, l’argument touristique : avec la vogue du tourisme industriel, certaines centrales comme EDF Bazacle en bord de Garonne et son impressionnante passe à poissons font le plein et attirent des visiteurs. Le rôle socle de l’hydroélectricité dans la conciliation des usages de l’eau et notamment la gestion des crues a aussi été mis en avant. Il y fut aussi question de sa place dans le mix électrique, de sa « capacité de modulation qui s’accompagne d’une capacité de stockage », de l’intégration environnementale des ouvrages, de la nécessité de moderniser les installations existantes… La présence de l’administration du ministère de la Transition écologique n’a toutefois pas suffi à apaiser les esprits. Avec un parc de 25,5 GW installés et environ 2.300 centrales de toutes tailles, la filière a des atouts mais souffre d’un manque de visibilité et d’un blocage à l’investissement.

Parent pauvre des EnR

Elle craint d’être l’oubliée des énergies renouvelables : « C’est encore pire pour la petite hydroélectricité et nos 600 petites centrales qui ont fait des efforts de modernisation mais ont besoin d’aide », alerte Christine Etchegoyhen de France Hydro Électricité. Projets à l’arrêt, recul de la production, appel d’offres fraîchement lancé (voir notre article dans l’édition du 27 août 2018) qui ne suffit pas… Par ailleurs la mutation qu’implique le classement des cours d’eau et la logique de continuité écologique handicapent ce secteur fragile « qui produit pourtant une énergie décentralisée, contribue à la stabilité du réseau local et maintient une activité économique dans des zones rurales », ajoute-t-elle.
Le renouveau du dialogue entre élus et énergéticiens a été pointé. Pour Arnaud Viala, député LR de l’Aveyron, « les deux camps se sont longtemps ignorés mais l’appel du pied des premiers porte ses fruits : continuons de travailler de concert pour faire de l’hydroélectricité un élément pivot du développement territorial ». Et André Flajolet, vice-président de l’AMF, d’ajouter aux doléances : « Peut-on en faire partout ? De manière équilibrée, durable et en tenant compte du changement climatique et de la disponibilité de la ressource en eau ? Les élus veulent être associés à ces questions pour que les barrages restent des outils au service de la transition énergétique. » « Et au service du développement des territoires ruraux et de montagne », conclut le député LREM des Hautes-Pyrénées Jean-Bernard Sempastous.

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